Showing posts with label Indigo. Show all posts
Showing posts with label Indigo. Show all posts

Saturday, 17 August 2019

Cuves de bleu au vert avec David

Une cure de bleu indigo au vert dans la Creuse! 


David tout sourire devant une cuve d'indigo de 500 litres
à Mercin
David Santandreu, teinturier de grand teint, jongle avec les nuances de bleu comme un pianiste sur son clavier grâce à beaucoup de technique, de précision, de métier, d’expérimentation et d'intuition acquis depuis de nombreuses années de pratique. Il joue avec des montages de cuves différents, des temps très précis de trempage, d'oxydation et de séchage... pour en savoir plus.  Il faut dire qu'il a un parcours riche commençant par l'exploitation forestière puis a pris un vrai virage vers l'agriculture bio lors d'une rencontre avec Pierre Rabhi en 1987. Maraîcher, protecteur de tomates anciennes, fondateur de la Main des Sables un atelier de teinture végétale au Maroc, il s’attelle à présent à réintroduire l'indigo au Maroc dans un esprit écologique et de vraie traçabilité. 

C'est aussi un passionné d'histoire... du bleu. Branchez-le sur le sujet du pastel pour voir son visage s'éclairer et expliquer combien l'histoire du pastel et de l'indigo est indissociable dans le sud de la France - lire l'article suite à sa conférence du mois d’août à Lautrec!


Nuancier moderne à la recherche des bleus d'autrefois
Ce bleu de la nuit des temps - le plus ancien échantillon connu de textile teinté avec l'indigo datant de 6000 ans été retrouvé au Pérou - ce bleu mythique encore mystérieux ne s'improvise pas. 

Montage d'une cuve au henné
David nous a guidés pas à pas dans cette aventure de la transformation de l'indican, précurseur de l'indigo, en indoxyle puis en indirubine pour que les molécules se fixent durablement aux fibres textiles et leur apportent ces belles nuances de bleu.
Les pains d'indigo séché sont durs mais assez friables, on les écrase au mortier avant de les passer au blender
Préparation de la pâte d'indigo, même s'il n'est pas soluble, il doit être bien humidifié en amont.
Catherine touille
Françoise surveille le sirop de dates

A la cuve remplie d'une infusion de henné encore chaude, 
David ajoute la pâte d'indigo et le sirop de dates
ensuite le lait de chaux
et on pallie pour bien tout mélanger.

Pallier - l'incontournable geste du teinturier

Pallier une cuve de 500 litres demande un bon tour de bras. .



Une belle fleur d'indigo 
Nous nous entraînerons tour à tour à faire apparaître la fleur d'indigo, 
et nous tremperons les mains et même les bras dans la cuve tiède et parfumée pour teinter nos pièces!

Entretien des cuves
Ensuite, il faut bien prendre bien soin des cuves. Cela veut dire les pallier matin et soir, et tenir un tableau de bord rigoureux comprenant  les mesures de Ph, la température et les observations sur la cuve pour ensuite pouvoir agir et rectifier l'équilibre si nécessaire.
Calibrage du Phmètre entre 7 et 4
Cécilia prend le Ph
Belle fleurée en surface
Observation hands-on : l'indirube bleuit la main. C'est bon signe pour la teinture!
L'heure de la teinture des échantillons est arrivée
ou disons plutôt les heures de teinture car nous allons réaliser une échelle de nuances qui suit un protocole très précis de temps de teinture, d'oxydation et de teinture à nouveau. Processus précis qui demande beaucoup de concentration. 30 secondes pour le pied puis par exemple 5mn+5mn+10mn pour obtenir des bleus plus ou moins soutenus.
Catherine et Nathalie préparent leurs échantillons
Grande cuve de 500 litres au henné
Pour teindre dans la cuve au sulfate de fer, on doit porter des gants.
Elle est réservée aux fibres cellulosiques.
Le plaisir de tremper les mains directement dans la cuve au henné
Les petits échantillons sont mis à sécher à l'ombre.
Attention les nuances sont subtiles et gare au mélange...

Belles nuances de bleu de nos échelles sur laine et coton.
Le lendemain : rituel de l'entretien des cuves
Marie mesure le Ph
Test pour voir si le jus du bain bleuit au contact de l'air dans une cuillère, signe d'une cuve active
ou carrément mettre la main sur l'indirubine.

Gestes du teinturier
Teindre de petits échantillons, c'est un début.  David nous a montré comment teindre une grande pièce et réussir à obtenir une couleur uniforme, une belle harmonie, sur toute la pièce.
Eviter les plis et les bulles en trempant
le tissu progressivement dans la cuve

Pas de panique si le tissu sort de la cuve
verdâtre et marbré...
Un généreux coup de jet d'eau pour activer l'oxydation
... et le bleu apparaît et se confirme.
Il faudra répéter l'opération pour obtenir des bleus plus profonds et atteindre par exemple le "noir corbeau".

Les mains dans le bain
Marie toute contente, Flou sous l'émotion!
Shibori avec des petits cailloux pour faire des réserves
Notre production sèche à l'ombre

1000 mercis David, maintenant il reste à mettre tout cela en pratique!
Laurence et moi en bleu jusqu'au bout des ongles









Tuesday, 12 April 2016

Boro, the fabric of life

Reviving threadbare cloths for survival


Kimonos, work clothes, trousers, futon covers... a collection of handmade pieces, repaired, patched, reworked by Japanese farmers between 1850 and 1950. All are made of leftover fabrics reused several times, mostly made of indigo dyed cotton. 
Boro comes from the Japanese onomatopoeic boroboro, which means something tattered or repaired, demonstrates esteem for our available resources, labor and everyday objects.
Boro textiles bring together essential principles of traditional Japanese ethics and aesthetics. They are sober and modest (shibui); imperfections are expressed by irregularity, incompleteness, rawness and simplicity (wabi-sabi); and, of course, regret about any waste (motttainai). All of these are far from today’s consumer driven society.
Arte povera
Until well into the 20th century, large parts of Japan were so poor that people could rarely buy textiles for clothing and bedding. In the North, cotton was precious and pieces of used fabric were purchased to make patch-work clothing or duvets. Many of these textiles had been mended repeatedly from generation to generation without being thrown away.
“Boro textiles were the domain of the ordinary man and represented a collective, impoverished past. They were largely forgotten after the mid-twentieth century when Japan’s society shifted towards mass-scale modernization and urbanization. However, they are the tangible embodiment of a cultural legacy which has only recently been accorded a formal name and has received critical consideration”, explains Mr. Szczepanek a New York based gallerist who collected most of these works. 

Rich patches of old traditional fabrics

The diversity of patches on any given piece is a veritable encyclopedia of hand loomed cotton indigo from old Japan. In most cases, the beautiful arrangement of patches and mending stitches is borne of necessity and happenstance, and was not planned by the maker.
Imagine that boro textiles were stitched in the shadows of farmhouses, often at night by the light of one dim andon, on the laps of farm women. This unselfconscious creative process has yielded hand-made articles of soulful beauty, each of which calls upon to be recognized and admired as more than the utilitarian cloth they were intended to be.

WHEN RECYCLING TELLS A STORY





Moreover, the irregularly patched boro textiles feature a stunning similarity to modern art’s collage aesthetics, reminding today’s viewer of works by artists Paul Klee and Robert Rauschenberg or Brazilian designers Fernando and Humberto Campana. Boro – The Fabric of Life illuminates a little known chapter of craft history and serves as a valuable source of inspiration for today’s designers, artists, aficionados and, last but not least, us as consumers.

Boro – The Fabric of Life
A travelling exhibition organised by CIRECA. The exhibition is designed in cooperation with graduate students from Parsons The New School for Design, New York. Boisbuchet presented this exhibition in 2013, which is now travelling.
http://www.boisbuchet.org/boro-the-fabric-of-life/

Rythme de shibori

Twist and turn for ever


Franckie anime le stage de shibori
de Couleur Garance
De retour au Jardin Conservatoire des Plantes tinctoriales à Lauris ce week end pour un stage de shibori, animé par Franckie Micholin.

C'était une bonne occasion de reprendre les techniques de base de teinture végétale par réserve une à une dans l'atelier de l'Association Couleur Garance.

Styliste de profession,  Franckie pratique la teinture végétale depuis des années. Elle a crée Au fil de la Soie,  un atelier dans la Drôme.

Généreuse et heureuse de partager ses connaissances, elle nous a menées à travers toutes sortes de pliages, torsions de tissu, serrage par pression pour créer à motifs à réserves. 

Un beau chemin de traces, découvertes, surprises à l'infini.

Elastiques et ficelle pour nouer les carrés de tissu
Franckie explique les techniques


Indigo
Une couleur pour le shibori - le bleu qui sera réalisé dans plusieurs cuves. Un cuve au fer pour les cotons et une autre au fructose pour la soie.

Toutes sortes de configurations de tissu roulé, pincé, enroulé se retrouvent dans la cuve!


Le contenu n'a rien a voir avec la crème
 malgré le tablier!

 Le tissu sort vert de la cuve d'indigo puis
 devient progressivement bleu au contact de l'air
Arrive le moment de dérouler et découdre ...
Concentration autour de la table d'opération...
Laurence denoue ses premiers échantillons
Surprise, surprise pour Isabelle aussi


Quelques pliages traditionnels
Graines et morceau de corail noués
Spirale cousue












Tissu plié puis cousu pour ces motifs tout fins


Tout peut laisser une trace!

Pourquoi pas utiliser des gaines électriques, des morceaux de bois, expérimenter avec des ficelles de tailles différentes.... la récupération de vieux matériaux est au programme

Carré de soie plié puis enroulé et noué
autour d'un morceau de gaine électrique
 
Deux gaines électriques et deux batons pour les maintenir!
Le résultat est graphique sur ce carré de soie




Roseline fait sécher les pièces,
ensuite elles seront repassées
Quelques échantillons parmi beaucoup d'autres!

Voir cet autre article sur le shibori à Vientiane.

Le début d'une nouvelle aventure de shibori!
Laurence, Paule, Claudine, Isabelle, Muriel, Franckie
et Roseline et Anne