Saturday, 3 September 2016

Colorer la laine et la soie avec les plantes

Encore un stage truffé de découvertes à Lauris

Michel Garcia, passionné de couleurs naturellles
Non seulement Michel Garcia est un des spécialistes coloristes de renommée internationale, cet autodidacte des couleurs naturelles a passé une bonne partie de sa vie à faire des cherches et à partager ses connaissances pointues dans le domaine des couleurs. Il a oeuvré pour démystifier cette pratique ancestrale souvent présentée comme mystérieuse, difficile à comprendre, réservée aux quelques experts, voire ésotérique!

Fondateur de l'Association Couleur Garance en 1998, il a démarré le jardin des plantes tinctoriales à Lauris en y établissant des graines et spécimens collectés dans le monde entier. L'inscription de la couleur végétale au patrimoine de l'UNESCO en 2006 est une étape clé qui a permis de donner toute sa crédibilité et une meilleure visibilité à ces techniques anciennes, dont les recettes étaient en voie de disparition. Même si le travail est loin d'être fini

Pour contacer Michel Garcia à Plantes et Couleurs 

Imprimer sur la laine et la soie

Nous nous sommes installés dans la jolie salle voutée de l'ateleir de Couleur Garance qui surplombe le Jardin des plantes tinctoriales, labellisé jardin remarquable en 2011 et la vallée de la Durance.

Pour les fibres animales, il faut teindre à chaud pour bien faire pénétrer la couleur. 
Comme d'habitude, on utilise un colorant et un mordant qu'on applique sur le tissu, qui ensuite passe dans un vaporisateur pour fixer en profondeur.

L'approche est rès différent pour la teinture sur fibres végétales voir le reportage teinture sur coton.

Michel nous a montré la préparation de deux méthodes de solutions de couleurs mordancées:
  1. La recette classique à base d'alun qiu permet de mélanger les couleurs entre elles et de les superposer.
  2. La recette à base d'acide citrique, une famille de colorants qui peuvent être mélangés entre eux et qui aussi servent d'enlevage partiel sur les couleurs à base d'alun.
Solution de cochenille
Application de la couleur à l'aide de cadres de sérigraphie:
un travail d'équipe à plusieurs mains!
Une première couleur jaune à base de sauge scrutellaire est appliquée sur de la laine,
puis quand elle est bien sèche une seconde
Les travaux sont enroulés sur du tissu agricole
Puis le rouleau est installé dans l'étuve pour deux fois une petite heure
Michel reste attaché aux méthodes simples 
et pragmatiques comme ce vaporisateur fait maison. 
Pas de brevet pour celui-ci mais ça marche!

Et sur la soie
Avec une série de plusieurs cadres de sérigraphie, on obtient ce joli motif de coquelicot.



Beau fond bleu indigo


Technique d'impression au tampon des fameuses indiennes
Jeu de trois tampons indiens pour appliquer les couleurs
Application de la deuxième couleur, un travail de précision
Beau résultat d'impression sur soie avec le charme des petites irrégularités

Préparation d'un nuancier de couleurs chatoyantes


Nos couleurs de base, bois de campeche, sauge, cochenille, indigo
Mélanges précis selon des pourcentages de dilution par pallier
Séchage des nuanciers avant la vaporisation, les couleurs chantent déjà!

Sérigraphie, pochoir, pinceau tout est possible






On imprime des plissages aléatoires, de style shibori en utilisant un cadre de sérigraphie

ou encore avec des feuilles





Passage obligé dans le vaporisateur pour fixage.

Suspense et découverte des résultats










Une bonne introduction pour ensuite cheminer dans le monde des couleurs 

Sunday, 26 June 2016

Shibori ribbon for inauguration

Cercles d'indigo pour mon ruban d'atelier

J'ai d'abord plié en deux sur toute sa longueur une bande de tissu en coton biologique. Ensuite je l'ai plié en accordéon pour faire des carrés. Avec des étaux, J'ai amarré et serré très fort deux couvercles de bocaux pour empêcher la couleur du bain de se répandre sur ces cercles et donc les garder blancs.
Les serre joints maintiennent les deux cercles
sur le tissu plié en accordéon
Ensuite, le tissu est prêt pour le bain de teinture, dans ce cas, une cuve d'indigo avec hénné comme réducteur d'oxygène. Pour rappel, l'indigo devient soluble dans l'eau dans un millieu alkalin et sans oxygène, indispensable pour la teinture.
Rien à voir avec de la crème fraiche,
le tissu est trempé dans le bain d'indigo!
Après une bonne heure, le tissu est teint. Le tissu sort du bain vert, puis prend cette belle couleur bleue à l'air car au contact de l'oxygène, l'indigo devient bleu.

Le ruban sort du bain après la première passe
J'ai bien rincé puis laissé sécher un peu avant de retirer le matériel et découvrir les motifs.


Le tissu doit sécher complétement,
si possible à l'ombre. 
Je voulais animer le rond blanc et ne pas le garder uni. Je l'ai encore plié en deux au millieu du cercle et j'ai cousu et froncé le tissu. Petit retrempage partiel dans un peut de bain d'indigo en protégeant bien le reste du travail pour éviter les interférences!
Deuxième bain d'indigo partiel sur la tranche du milieu du cercle blanc
Et on comprend mieux en le voyant
après la sortie de ce deuxième bain.
Et puis c'est le moment de la surprise. Toutes mes camarades attendent avec impatience de découvrir le résultat final!

Nous avons coupé le ruban pour inaugurer mon nouvel atelier de Sablet le 18 juin. Chaque invité est reparti avec un morceau de ruban en souvenir.


Un grand moment...
Merci à Franckie pour ses bons conseils lors du stage de Shibori à Lauris. Cliquer ICI

Tuesday, 12 April 2016

Boro, the fabric of life

Reviving threadbare cloths for survival


Kimonos, work clothes, trousers, futon covers... a collection of handmade pieces, repaired, patched, reworked by Japanese farmers between 1850 and 1950. All are made of leftover fabrics reused several times, mostly made of indigo dyed cotton. 
Boro comes from the Japanese onomatopoeic boroboro, which means something tattered or repaired, demonstrates esteem for our available resources, labor and everyday objects.
Boro textiles bring together essential principles of traditional Japanese ethics and aesthetics. They are sober and modest (shibui); imperfections are expressed by irregularity, incompleteness, rawness and simplicity (wabi-sabi); and, of course, regret about any waste (motttainai). All of these are far from today’s consumer driven society.
Arte povera
Until well into the 20th century, large parts of Japan were so poor that people could rarely buy textiles for clothing and bedding. In the North, cotton was precious and pieces of used fabric were purchased to make patch-work clothing or duvets. Many of these textiles had been mended repeatedly from generation to generation without being thrown away.
“Boro textiles were the domain of the ordinary man and represented a collective, impoverished past. They were largely forgotten after the mid-twentieth century when Japan’s society shifted towards mass-scale modernization and urbanization. However, they are the tangible embodiment of a cultural legacy which has only recently been accorded a formal name and has received critical consideration”, explains Mr. Szczepanek a New York based gallerist who collected most of these works. 

Rich patches of old traditional fabrics

The diversity of patches on any given piece is a veritable encyclopedia of hand loomed cotton indigo from old Japan. In most cases, the beautiful arrangement of patches and mending stitches is borne of necessity and happenstance, and was not planned by the maker.
Imagine that boro textiles were stitched in the shadows of farmhouses, often at night by the light of one dim andon, on the laps of farm women. This unselfconscious creative process has yielded hand-made articles of soulful beauty, each of which calls upon to be recognized and admired as more than the utilitarian cloth they were intended to be.

WHEN RECYCLING TELLS A STORY





Moreover, the irregularly patched boro textiles feature a stunning similarity to modern art’s collage aesthetics, reminding today’s viewer of works by artists Paul Klee and Robert Rauschenberg or Brazilian designers Fernando and Humberto Campana. Boro – The Fabric of Life illuminates a little known chapter of craft history and serves as a valuable source of inspiration for today’s designers, artists, aficionados and, last but not least, us as consumers.

Boro – The Fabric of Life
A travelling exhibition organised by CIRECA. The exhibition is designed in cooperation with graduate students from Parsons The New School for Design, New York. Boisbuchet presented this exhibition in 2013, which is now travelling.
http://www.boisbuchet.org/boro-the-fabric-of-life/

Rythme de shibori

Twist and turn for ever


Franckie anime le stage de shibori
de Couleur Garance
De retour au Jardin Conservatoire des Plantes tinctoriales à Lauris ce week end pour un stage de shibori, animé par Franckie Micholin.

C'était une bonne occasion de reprendre les techniques de base de teinture végétale par réserve une à une dans l'atelier de l'Association Couleur Garance.

Styliste de profession,  Franckie pratique la teinture végétale depuis des années. Elle a crée Au fil de la Soie,  un atelier dans la Drôme.

Généreuse et heureuse de partager ses connaissances, elle nous a menées à travers toutes sortes de pliages, torsions de tissu, serrage par pression pour créer à motifs à réserves. 

Un beau chemin de traces, découvertes, surprises à l'infini.

Elastiques et ficelle pour nouer les carrés de tissu
Franckie explique les techniques


Indigo
Une couleur pour le shibori - le bleu qui sera réalisé dans plusieurs cuves. Un cuve au fer pour les cotons et une autre au fructose pour la soie.

Toutes sortes de configurations de tissu roulé, pincé, enroulé se retrouvent dans la cuve!


Le contenu n'a rien a voir avec la crème
 malgré le tablier!

 Le tissu sort vert de la cuve d'indigo puis
 devient progressivement bleu au contact de l'air
Arrive le moment de dérouler et découdre ...
Concentration autour de la table d'opération...
Laurence denoue ses premiers échantillons
Surprise, surprise pour Isabelle aussi


Quelques pliages traditionnels
Graines et morceau de corail noués
Spirale cousue












Tissu plié puis cousu pour ces motifs tout fins


Tout peut laisser une trace!

Pourquoi pas utiliser des gaines électriques, des morceaux de bois, expérimenter avec des ficelles de tailles différentes.... la récupération de vieux matériaux est au programme

Carré de soie plié puis enroulé et noué
autour d'un morceau de gaine électrique
 
Deux gaines électriques et deux batons pour les maintenir!
Le résultat est graphique sur ce carré de soie




Roseline fait sécher les pièces,
ensuite elles seront repassées
Quelques échantillons parmi beaucoup d'autres!

Voir cet autre article sur le shibori à Vientiane.

Le début d'une nouvelle aventure de shibori!
Laurence, Paule, Claudine, Isabelle, Muriel, Franckie
et Roseline et Anne